Marien NGOUABI: chef d'Etat et écologiste avant l'heure mmamam mm am am amma
22/12/2009 - Lu 195 fois
Marien NGOUABI, le nom ne dit certainement pas grand-chose, voire rien ...
Marien NGOUABI, le nom ne dit certainement pas grand-chose, voire rien du tout, à ceux, nombreux, qui seront amenés à lire ces lignes. Pourtant, l'homme, dont le nom n'est pas associé à un quelconque renom en dehors de son pays, n'en figure pas moins au nombre des écologistes de la première heure. Alors Président du Congo-Brazzaville, donc Chef d'Etat en exercice, il a très tôt, si ce n'est trop tôt, marqué son intérêt, c'était dans les années… 1970, pour les énergies renouvelables, et notamment pour l'énergie solaire. Ceci dit et constaté, il fallait oser. Oui, autant le rappeler quitte à le marteler, il fallait oser, à une époque où, choc pétrolier oblige, le gros du bataillon préférait de loin, sous la décisive impulsion de quelques très puissantes multinationales (dont certaines pouvaient se payer le luxe de « narguer » le Congo du fait de leur puissance financière), miser sur les hydrocarbures, pétrole et gaz naturel en tête, dont le Congo-Brazzaville – c'est peu dire – regorge.
De ce qui précède, force est de constater, à contre-courant d'un contexte historique et économique peu favorable à un engagement certes militant, mais alors largement perçu comme étant… iconoclaste – pour ne pas dire… autre chose -, que l'homme a pour ainsi dire eu tort d'avoir raison, répétons-le, très tôt, trop tôt… En quoi il se révèle être un initiateur, un précurseur, un avant-gardiste et, n'ayons pas peur du mot, un… révolutionnaire: tout le contraire d'un écologiste du dimanche, d'un écologiste de circonstance et de convenance, comme il en prolifère et prospère de nos jours… En quoi, détail valant son pesant d'or, l'homme a fait preuve de courage, de témérité. Et surtout de lucidité et de clairvoyance, au point d'être, aujourd'hui plus que jamais, non pas un utopiste attardé (il était en avance sur son époque) ni un sympathique illuminé, mais bel et bien un visionnaire et un pionnier. Dont les idées, ainsi que les analyses et réflexions, ont été validées, ce dont je me réjouis, par le plus fiable, le plus impartial et le plus objectif des juges: l'Histoire. Mais aussi, cela mérite d'être souligné, par cette brûlante actualité, chauffée à blanc par une certaine fébrilité médiatique. Notamment en ces temps de réchauffement climatique, dont on sait aujourd'hui, chaque jour un peu plus, que le phénomène est en grande partie lié aux émissions de gaz à effet de serre, eux-mêmes indissociablement liés aux énergies fossiles, c'est-à-dire, retour à la case départ, le pétrole et le gaz naturel…
Véritable coup de théâtre, un tel retournement de situation – SHAKESPEARE aurait pu en faire une pièce – souligne la nécessité de prendre des initiatives allant dans le sens d'alternatives crédibles aux énergies fossiles, ce que Marien NGOUABI avait compris dès les années 1970, en concentrant alors son attention de Chef d'Etat, c'est-à-dire de protecteur de l'avenir de son pays, sur les potentialités, illimitées, offertes par l'énergie solaire. Dont le Congo, république équatoriale, a plutôt été bien pourvu par cette nature-mère, et pour cause: il y fait chaud, voire très chaud, pour ne pas dire trop chaud, pratiquement toute l'année...
Cet article, qui a pour ambition et vocation d'être un hommage jamais rendu à ce jour, est l'occasion de souligner la scandaleuse inégalité de traitement médiatique dont les personnalités de la planète font l'objet selon leurs origines géographiques. Quand bien même Marien NGOUABI est la seule personnalité politique de son rang à s'être si ouvertement engagé en faveur de l'énergie solaire dans les années 1970, à une époque où « la chose » relevait davantage de la « coquetterie de salon sur fond de snobisme » qu'autre chose, l'homme n'en demeure pas moins, internationalement parlant, méconnu, ou tout simplement… inconnu. De ce point de vue, le Sommet de Copenhague, qui se tient au moment où ces lignes sont écrites, doit être l'occasion de réparer une injustice, commise au préjudice d'un personnage hors du commun qui s'est voué à l'énergie solaire, donc aux énergies renouvelables, jusqu'à… son ultime soupir. Je m'explique: Marien NGOUABI a été assassiné en 1977, dans l'exercice de ses fonctions de Chef d'Etat, à peine quelques heures après avoir assisté, serein, à une réunion portant sur… l'énergie solaire. Tout un symbole qui mérite d'être souligné et salué, surtout en 2009, à une époque où, lentement mais sûrement, l'on s'achemine vers cette énergie électrique et, en amont, ces panneaux solaires appelés à alimenter des voitures. Dont beaucoup, à plus ou moins brève échéance, s'apprêtent à tenir la dragée haute à toutes ces cylindrées dont la marque de fabrique est de turbiner à l'essence, si ce n'est au diesel...
Victoire à saluer…
Michel ODIKA, par respect pour un homme de vérité…















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